PoliceMise en examen d’un policier pour homicide volontaire : cessons de polémiquer il est temps de faire des propositions concrètes. Certaines organisations syndicales de la police nationale ont décidé d'organiser des rassemblements les 10 et 11 mai prochains. Loin de toute récupération syndicale, les policiers de la CFDT ne participeront à aucun rassemblement. La CFDT Police Nationale se montre favorable à la mise en place d'un Grenelle de la sécurité avec l'ensemble des organisations syndicales et demandera au prochain gouvernement de l'organiser.


Communiqué fédéral du 10 mai 2012:


Des mouvements de protestation spontanés ont été initiés récemment par quelques dizaines, parfois quelques centaines de fonctionnaires de police sur l’ensemble du territoire, suite à la mise en examen d’un policier pour homicide volontaire alors qu’il tentait d’interpeller un malfaiteur chevronné et armé le 25 avril dernier à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Certaines organisations syndicales de la police nationale ont d’ores et déjà décidé d’organiser des rassemblements les 10 et 11 mai prochains.

La CFDT Police, attachée à l’indépendance de la justice et porteuse de valeurs républicaines fortes, ne commentera pas la mise en examen de notre collègue. Comme chaque citoyen, ce dernier demeure présumé innocent. Comme chaque citoyen, il pourra dans l’éventualité d’une condamnation, la contester par les voies de justice qui lui sont offertes. Par conséquent, loin de toute récupération syndicale, les policiers de la CFDT ne participeront à aucun rassemblement.


Les travaux des syndicats de police doivent se porter sur la transposition de la présomption d’innocence dans le cadre administratif. En effet, il est paradoxal qu’un policier soit judiciairement présumé innocent mais qu’il soit administrativement présumé coupable et pénalisé par le retrait de son traitement et de ses primes. La décision prise par Claude Guéant de maintenir le traitement de notre collègue mis en examen est une décision de circonstance qui a vraisemblablement été motivée par un contexte électoral. Nous devons cependant nous engager syndicalement pour que cette décision fasse désormais  jurisprudence. La CFDT Police fera des propositions concrètes en ce sens.

En ce qui concerne la présomption de légitime défense, cette mesure risquerait de jeter un voile sur l’action des policiers de terrain. Parce que la confiance des citoyens envers la police se fonde sur la transparence de ses actions, la CFDT Police se positionne fermement contre ce concept qu’elle estime dangereux. Certaines organisations syndicales ne font que manipuler nos collègues en leur faisant croire à des fins purement récupératrices, qu’il s’agirait d’un statut protecteur. Nous ne doutons pas de la capacité de la grande majorité des policiers à ne pas se laisser aveugler par ces propos démagogiques.

Les manifestations spontanées, au-delà de l’incompréhension engendrée par la mise en examen de notre collègue, traduisent davantage un ras le bol général, une usure psychologique générée par un gouvernement resté sourd aux souffrances de ses troupes et essentiellement soucieux de créer des mécanismes statistiques servant à embellir son bilan sécuritaire. La réduction des effectifs sous l’égide de la RGPP a suscité d’incessants rappels sur congés et a précarisé la sécurité des policiers en intervention, la pression du chiffre est devenue intenable, l’image de la police a été dégradée par l’approche quantitative de la sécurité du gouvernement au détriment d’un service public de qualité.

A l’instar de la CFDT Police Municipale en mai 2010, la CFDT Police Nationale se montre favorable à la mise en place d’un Grenelle de la sécurité avec l'ensemble des organisations syndicales et demandera au prochain gouvernement de l’organiser. Cela aura le mérite de rendre au dialogue social toute la place qu’il mérite. Gommer les antagonismes police-justice, bien souvent entretenus et amplifiés par un gouvernement qui, ainsi, a tenté de masquer ses échecs en matière de sécurité, sera l’un des enjeux de ce sommet. Il conviendra donc de s’orienter vers une politique de sécurité qui soit bâtie sur le long terme et non plus de façon impulsive au gré de l’actualité ou par opportunisme électoral.


Fédération Interco CFDT