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Catégorie : Plaine Commune
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Derniers messages de Christian avant son départ en retraite

Après 12 ans en tant que secrétaire et permanent CFDT de Plaine Commune, Christian FEVRIER part en retraite. Interview "passage de relais" par son successeur Matthieu FAYOLLE.

Matthieu F : Christian, à quelques jours de ton départ en retraite, dans quel état d’esprit es-tu ?

Christian F : Je suis serein, il est temps pour moi de partir vers d’autres occupations. J’ai juste envie de remercier tous les collègues qui m’ont accompagné depuis 21 ans à la direction des Parcs et Jardins de Saint-Denis puis à Plaine Commune comme secrétaire de la section syndicale CFDT.

MF : Quel bilan tires-tu de ces années d’action syndicale à Plaine Commune et de quoi es-tu le plus fier ?

CF : Ayant siégé au conseil départemental de la CFDT fonction publique, j’ai pu constater que le dialogue social au sein de Plaine Commune est une réalité. Je ne vais pas vous ennuyer par un bilan du travail effectué avec mes collègues car c’est à tous d’apprécier ou pas le travail réalisé. Aujourd’hui, ce dont je suis fier c’est d’avoir assuré ma relève pour que le travail de notre section syndicale continue et que les valeurs de la CFDT puissent vivre au sein de Plaine Commune.

MF : Quels sont à ton avis les combats et les chantiers d’avenir pour l’action syndicale ?

CF : En France, on souffre d’un déficit de personnes s’investissant dans les organisations syndicales. Il est donc aussi de notre rôle d’évoluer : adapter nos outils de communication afin qu’ils correspondent à notre époque ; renforcer notre capacité à être force de proposition ; et mener un combat fédérateur pour lutter contre la tentation de l’individualisme afin de redonner le goût à l’action et la réflexion collective.

MF : Après 12 ans d’actions aux cotés des agents de Plaine Commune, et au moment de nous laisser, que nous recommandes-tu ?

CF : Malheureusement, on a souvent des agents qui arrivent au travail « à reculons », soit qu’ils ne sont pas bien dans leur poste, soit qu’ils ont des problèmes de relations avec leur hiérarchie ou inversement. Dans ce cas, il ne sert à rien d’attendre pour agir. Chaque situation de mal-être doit être, le plus tôt possible, au minimum exprimée. En effet, trop souvent des agents attendent que la situation se dégrade gravement avant de venir nous voir. Or, lorsqu’il y a un agent en souffrance dans un service, si on y prend garde, l’ensemble du service sera également rapidement en souffrance.

MF : Pour finir, je voudrais te demander si tu le veux bien, et sur un registre un peu plus personnel : pourquoi as-tu fait ce choix il y a 12 ans de t’engager à temps plein dans le syndicalisme ?

CF : cette démarche prend sa source dans mon enfance et dans ma famille : j’ai vu mon père militer entre autre au sein de sa collectivité et aussi contre la guerre en Algérie. En 1974, sous l’impulsion de mes parents et avec eux, je suis aussi allé à Lisbonne avec tous les immigrés portugais de Beauvais pour fêter la chute du gouvernement dictatorial de Salazar.

Cette culture de l’engagement en faveur des droits civiques, de la paix et de la démocratie, m’a conduit naturellement vers cette vocation pour le travail syndical et la CFDT. J’ai aussi, dans mon parcours eu des engagements politique même si j’aurais très bien pu ne jamais pouvoir voter ni même travailler dans la fonction publique étant donné qu’à 21 ans j’ai refusé de faire le service militaire. Or à l’époque être objecteur de conscience m’a occasionné 3 ans de prison avec sursis et m’a privé de mes droits civiques jusqu’à ce que je sois finalement amnistié en 1981. Je dois à mes parents d’avoir appris à vivre en suivant des convictions et des idéaux. Même si ça peut être dure parfois, je conseille à chacun de ne jamais se renier et d’avoir la force de lutter pour des intérêts plus grand que soi-même.