Ils partirent à deux et en deux mois et trois tracts ils furent quarante !


Il était une fois… le 5 janvier 2012 Daniel Mouginsecrétaire général du Syndicat CFDT Interco 93 présentait dans le bureau de Jacques Salvator, Maire d’Aubervilliers, les deux mandataires responsables du syndicat au sein de cette collectivité: Saadia Djerroud, trésorière et Abdel-Malik Djermoune, secrétaire.

La première forte d’un passé syndicaliste et le second avec un profil  lié à l’engagement  associatif relèvent le défi de bouleverser un système inchangé depuis prés de 67 ans.

Après un premier tract de présentation diffusé auprès de tous les services, nous avons vite ressenti sur le terrain une forte attente de la part des agents pour un pluralisme syndical.

Dans moins de deux mois, le 15 mars 2012, l’élection du COS aura lieu.

Nous concentrons nos efforts sur l’adhésion d’adhérents afin de construire rapidement une liste de 20 personnes et rassembler une équipe de campagne.

Début février nous comptons déjà prés de 30 adhérents.

Nous pouvons démarrer le lancement d’une campagne qui s’avère être très compliquée car  ingagnable au vu des textes qui régissent ce scrutin.

En effet, la liste candidate CGT organise seule l’élection. Nous avons demandé à être associé à l’organisation de l’élection, à mettre en place une boite postale pour les votes par correspondance et à connaitre la liste des retraités adhérents et électeurs du COS dont on ne connait pas le nombre. Touts nos demandes sont restées sans réponse.

De plus, on nous refuse de diffuser une profession de foi dans les enveloppes électorales. On nous autorise seulement à y mettre la liste des candidats.

Le jeudi 1 mars, nous déposons au siège du COS notre liste CFDT.

Incroyable…mais vrai ! Le président du COS, tête de liste CGT, en présence du responsable de Force Ouvrière, s’est octroyé le droit de ne pas mettre notre liste dans les enveloppes destinées aux électeurs pour le vote.

Le prétexte trouvé pour censurer notre liste est sa « non-conformité » due à la présence d’un slogan de campagne et d’une couleur. Rien n’interdit que ces éléments y figurent, ni sur le protocole d’accord électoral ni sur les statuts du COS.

Cette décision est illégale !

Fort d’un quasi monopole qui emmène à prendre des positions « totalitaires » nous avons  la démonstration par la preuve de ce que nous dénoncions dés le début par tract.

L’ironie de l’histoire est que cette élection gagnable d’avance par la CGT, qui avait des textes lui permettant de n’avoir aucune crainte d’aucune liste concurrente, à été retournée pour nous offrir une position inimaginable il y a 3 mois, celle d’une élection qui tourne en notre faveur.

Sûr de notre bon droit, nous avons déposé une requête auprès du Tribunal de Grande Instance de Bobigny.

Aujourd’hui, 14 mars 2012, veille de l’élection du COS, nous sommes une quarantaine.

« Tel est pris qui croyait prendre ».

La morale de cette histoire démontre, si besoin en était, que l’on peut perdre à cause de l’orgueil et du présumé acquit quand on est le leader,  et gagner grâce à l’humilité et le courage quand on est le challenger.