1. Concernant les accords relatifs à la fonction publique territoriale.

A VOUS DE JUGER !

Nous sommes fiers d’avoir signé au niveau national les accords du 25 janvier 2006 et notamment le volet statutaire qui - en supprimant les quotas d'avancement de grade a permis d’augmenter de manière significative le nombre de promotions dans notre collectivité (en 2007, nous sommes passés à Saint-Ouen de 32 nominations à plus de 180).

Nous sommes fiers que le volet social, signé à la suite du volet statutaire par la CFDT, ait rendu la protection sociale complémentaire (santé et prévoyance) obligatoire, et non plus facultative, par une contribution des collectivités assise sur la masse salariale.

Nous le sommes d’autant plus qu’ayant déclaré que ces dispositions n'étaient pas bonnes pour les agents et dénoncé l'accord CFDT avec le ministre de la fonction publique Christian Jacob, la CGT a demandé son application à Saint-Ouen tout en oubliant son positionnement.

La CGT de Saint-Ouen nous stigmatise tout en se réclamant localement des avantages tirés de notre signature au national. Cela témoigne d'un sacré culot et d'une évidente mauvaise foi. Car c'est bien la signature de la CFDT au niveau national qui a rendu possibles les négociations à Saint-Ouen sur le déblocage du déroulement de carrière des fonctionnaires et sur la mise en place de la protection sociale. Sans notre signature, les revendications de la CGT en la matière relèveraient du vœu pieux et de l’incantation.

 

2. Concernant les accords relatifs au privé et notamment l’accord sur la sécurisation de l’emploi signé par la CFDT le 11 janvier 2013.

Contrairement à ce que dit la CGT, notre signature sur la sécurisation de l’emploi entérine formellement des droits nouveaux obtenus pour les salariés en leur donnant une traduction juridique dans le code du travail. Les acquis pour les salariés et pour l’emploi sont confirmés :

  •  - Création d’une complémentaire santé pour tous les salariés avec un financement de l’employeur ;
  •  - Mise en place de droits rechargeables à l’assurance chômage ;
  •  - Taxation des contrats courts ;
  •  - Encadrement des temps partiels imposés ;
  •  - Obligation d’une validation de l’administration des plans sociaux ;
  •  - Encadrement favorable aux salariés des accords de maintien dans l’emploi ;
  •  - Création d’un compte personnel de formation mobilisable tout au long de la vie

Il est d’ailleurs significatif que l’un des tous premiers accords sur la sécurisation de l’emploi ait été signé par – non, vous ne rêvez pas ! - la CGT. En effet, afin de sauver 400 emplois, les 1100 salariés des trois sites ardéchois de Plastic Omnium viennent de parapher, par l’entremise de leurs trois syndicats (CGT, CFDT et CFE-CGC), un accord avec leur direction. Il prévoit en complément du maintien des emplois, la suppression de trois jours de RTT, le gel des salaires en 2013 et leur revalorisation à la hauteur d’un demi-point Insee en 2014.

Alors, cet accord sur la sécurisation de l’emploi est un accord scélérat (comme le prétend la CGT au national, tout en le signant au local) ou est-ce un accord responsable dans le contexte économique que tous nous connaissons ?

 

 

3. Conclusion :

 

L’approche syndicale traditionnelle qui limite le champ des « possibles » à la défense du droit du travail sans se préoccuper de son évolution, renforce de fait la précarisation de tous ceux qui ne peuvent accéder à l’emploi protégé (CDI dans le « noyau dur » d’une grande entreprise ou fonctionnaire titulaire à plein temps). Pour les autres, se généralise la sous traitance avec son cortège de moindres droits (temps de travail allongé, CDD, intérim, délocalisations).

 

Il ne s’agit pas, pour la CFDT, de brader les droits du travail mais bien de contribuer à en définir de nouveaux. L’idée est de remplacer les rigidités actuelles inadaptées par des garanties efficaces ; les flexibilités contraintes par des souplesses négociées et sécurisantes pour les individus, les employeurs, la société. Cet exercice sacrilège pour des organisations syndicales fondamentalement plus conservatrices que progressistes les conduit à nous taxer de « sociaux-traîtres », de «collaborateurs», de syndicalistes « qui courbent l’échine » ...

 

En l’occurrence, la CGT des communaux de Saint-Ouen a souhaité que les élections du CASC intègrent le débat sur la nature du syndicalisme que nous pratiquons. L’occasion nous est donc donnée de rappeler qu’être à la CFDT, c’est refuser un syndicalisme de la surenchère à finalité politique qui s’attache à faire monter la contestation sans perspective et sans résultat. Ce syndicalisme est difficile parce qu’il ne se satisfait pas de la dénonciation et recherche la négociation avant l’expression tapageuse des mécontentements. Il se veut force de propositions. Il accepte le compromis. Partant, il s’expose aux critiques des tenants du tout ou rien et à la caricature.

 

Quant à l’évasion fiscale, cela fait longtemps que la CFDT demande à la classe politique de mettre fin à ce scandale qui permet aux grandes entreprises et aux grandes fortunes d’échapper à l’impôt. Cela fait longtemps que la CFDT reproche aux hommes politiques tous bords confondus de ne pas mettre les moyens nécessaires pour combattre ce fléau qui coûte pourtant, chaque année, plusieurs milliards d’euros à l’Etat. Cela fait longtemps que la CFDT déplore que les mesures mises en œuvre en France pointent du doigt les petits fraudeurs alors que les grands utilisateurs des paradis fiscaux – les multinationales et les banques internationales – ne sont pas inquiétés.